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 Il faut que l'on parle [Gaby]

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MessageSujet: Il faut que l'on parle [Gaby]   Mar 2 Oct - 17:02

Impossible … Comment avais-je pu ne pas faire attention à cela ? Comment avais-je pu passer au-dessus de ce nom ? Par Merlin ! Avais-je été si aveugle que ça ? En même temps, j’avais tellement eu de paperasse et de dossier que cela n’était pas si étonnant que cela. Bon, vous vous demandez sûrement pourquoi je suis dans mon bureau, en train de faire les cent pas, un dossier sous les yeux. Je ne tenais plus en place, cherchant une solution à un problème que je pensais être passé. Mais ne dit-on pas que le passé nous rattrape toujours ? Ici, c’était le cas.

Je m’en étais rendue compte durant la cérémonie de répartition que je ne connaissais que trop bien la petite bouille d’une élève répartie à Uncirbis. Et lorsque le nom avait été prononcé, j’avais failli défaillir sur mon fauteuil : Gabrielle Johnson … Sans doute faudrait-il que je vous explique mon malaise, non ? Voyez-vous, l’année précédente, j’avais voulu que la demoiselle exploite toutes ses possibilités. Car, voyez-vous, au fond, je savais qu’elle avait un énorme potentiel. La charmante Gabrielle m’avait envoyé sur le carreau, se fichant littéralement de moi. Puis elle s’était calmée, pour au final, se moquer à nouveau de moi. Et j’avais mal réagi … Très mal.

Pourquoi, me demanderez-vous ? Simplement parce qu’au fond, j’avais bien plus qu’une simple affection pour mon élève. Une chose qui m’intriguait et m’attirait émanait de la jeune femme. Je n’avais aucune idée du pourquoi et du comment, mais je savais qu’en sa présence, je me sentais troublée. Alors j’avais mal réagi … Je l’avais envoyé valser très méchamment, ce qui n’était pas du tout dans mes habitudes, et j’avais saqué la demoiselle jusqu’à la fin de l’année. Les éternelles colles dans mon bureau étaient devenues moins ludiques, moi qui m’amusais au début de cette élève rebelle.

Seulement, je m’en étais voulu par la suite. A quelques jours de la fin des cours, je lui avais envoyé un hibou m’excusant, et lui expliquant que j’avais fait cela pour me protéger de moi-même. Une phrase qui en disait long, sans pour autant tout dire. Je n’ai jamais eu de réponse.

Et aujourd’hui, tout cela me rattrapait. Pourquoi était-elle ici ? Avait-elle conscience qu’elle me mettait dans le pétrin ? Non … Apparemment pas … Sur un coup de tête, je saisis un parchemin, écrivit une phrase rapide, et l’attachait à la patte du colbeau.

Miss,
Veuillez venir immédiatement dans mon bureau.
Lyra Waldorf, directrice

Déglutissant difficilement, je m’assis dans mon fauteuil, mes trois adorables chatons sur les genoux, et j’essayais de me calmer en les caressant doucement. Qu’allais-je lui dire ? Comment allait-elle réagir ? Allais-je encore être perturbée en la voyant ? Telle était la question. Lorsqu’un bruit se fit entendre à ma porte, je pris une profonde inspiration.

« Entrez ! »

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Mar 2 Oct - 17:42

Gabrielle se mordilla la lèvre inférieure. Bon sang... Elle ne l'avait vraiment pas vu venir le coup là. Et pourtant, ce n'était pas comme si son nom était écrit en gros sur sa lettre d'admission à Meilland. Et autant vous dire que la pauvre jeune femme en avait été bien troublé. Il faut dire que ce qu'il s'était passé avec l'actuelle directrice datait seulement de l'année dernière et... Elle n'avait pas vraiment eu le temps de s'en remettre. Oh, pas qu'il y ait quoi que ce soit dont il lui fallait se remettre, non, pas du tout même, mais... Bon, si. Mais en même temps ce n'était pas sa faute. Elle n'avait pas franchement l'habitude qu'une personne extérieure à sa famille s'occupe d'elle comme ça, au point de la coller encore et encore jusqu'à ce qu'elle rende une copie valable. Et encore, même dans sa famille ce n'était pas toujours évident. Ses parents ne prenaient pas trop le temps. Enfin... Si sa mère aurait bien aimé, mais Gabrielle s'y opposait fermement à chaque fois. Et d'ailleurs, le fait qu'elle d'être une sorcière arrangeait bien Gaby pour ça, ça évitait que sa génitrice puisse réellement se mêler de ses cours ou de sa vie scolaire. Mais peu importe, le sujet n'était pas là.

Elle ne s'était pas attendu à voir Lyra ici, en tout cas. Aux dernières nouvelles, elle se trouvait encore quelque part au Royaume Uni, loin des Etats-Unis. Bon sang... On disait souvent que le monde était petit, mais le monde sorcier l'était encore plus. En plus, Gabrielle ne voulait pas franchement la revoir. Pas vu comme elles s'étaient séparées. Au final, leur relation, si on pouvait appeler ça ainsi, avait fini par mal tournée pour une raison que la Serdaigle n'avait jamais vraiment compris. Elle n'avait pas saisi pourquoi la professeure de potions avaient réagit d'une telle manière à leur début de rapprochement. Car ça elle l'avait bien senti. Ou du moins elle avait eu l'impression. Et si elle savait qu'elle ne devait pas, au final, elle s'était toujours dit que rien de concret n'arriverait, et n'avait donc pas vraiment cherché à faire quoi que ce soit à Lyra. Ou avec. Bref.

Elle avait donc décidé de faire profil bas en ce début d'année. Ou tout du moins elle espérait pouvoir le faire sans que ça ne pose réellement de problème, dans la mesure où elle voulait bien éviter le bureau de la directrice. Ce n'était pas comme si elle était vraiment turbulente. C'était donc son plan. Jusqu'au moment où elle avait reçu le papier de la femme. Une ligne qui lui disait de venir dans son bureau. Ah. Cash. Comme ça. He beh... En se souvenant de la façon dont s'était finie l'année en sa compagnie, Gabrielle avait serré le mot entre sa main. Puis elle l'avait jeté. Hors de question d'y aller. Elle ne voulait pas se retrouver face à elle. Non, non, non. Trois fois non.

Elle poussa alors un soupir. Et elle alla ramasser le mot, rouvrant la boule qu'elle avait formée pour le jeter. Les lettres devant ses yeux avaient des couleurs un peu plus floues, effacées à cause du papier qui était froissé. Elle connaissait tellement bien cette écriture. Elle avait toujours eu des tons plus pastels. Plus doux à ses yeux. Elle le plia soigneusement et le rangea dans sa poche. Elle lâcha un grognement. Bon. Elle allait s'y rendre. Mais elle ne resterait pas. Pas assez longtemps pour laisser le passé remonter. C'était hors de question. Elle sera venu, elle sera repartie, et allez savoir si elle aura vaincu. En tout cas, elle se dirigea vers le bureau, et après s'être perdue une ou deux fois en chemin, elle arriva devant la porte, où elle frappa. Elle entendit la réponse de Lyra, qui lui disait d'entrer, ce qu'elle fit. Elle se retint de se mordre la lèvre en la voyant. Après un instant de flottement, elle prit la parole.

« Salut. Enfin... Bonjour, professeur Waldorf. »

Elle observa autour d'elle, et un vague sourire vint éclairer son visage quelques seconde, accompagné d'un haussement de sourcil, en voyant ce qui l'entourait. Il y avait des choses qui ne changeraient jamais. Lyra avait toujours aimé colorer son bureau. Gabrielle n'attendit pas que la directrice lui propose de s'installer en face du bureau et elle vint s'installer d'elle-même, prenant une position décontracté, comme si ça pourrait l'aider à mieux gérer les choses. Elle posa son sac à côté du fauteuil où elle venait d s'installer. Passant une main dans ses cheveux, elle leva son regard vers celui de Lyra pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans la pièce.

« Alors, vous vouliez me voir ? J'ai pourtant encore rien fait. Pas que je sache. Si ?»

La fixant droit dans les yeux, elle se demandait sincèrement ce qu'elle pouvait bien lui vouloir. Elle se demandait de quoi elle voulait lui parler, sans se douter réellement de quoi il s'agissait. Elle gardait un visage un peu amusé, comme si se retrouver ici la rendait indifférente. Ce qui n'était évidemment pas tout à fait le cas.

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Mer 3 Oct - 8:01

Je ne savais pas vraiment comment agir et réagir. Dans ma tête, des milliers de phrases défilaient, sans que je n’en choisisse une pour démarrer la discussion. Comment aborder un sujet aussi sensible ? Que décider ? Après tout, j’étais maintenant directrice de l’école, et plus directrice de maison. J’avais plus de responsabilités et je devais à tout prix éviter tout problème. Le plus simple était de tout nier … Mais cela n’était pas honnête. Non … Je ne pouvais pas lui dire : « Miss, vous n’avez rien reçu, tout cela n’a été qu’illusion » … Non … C’était inimaginable. Je refusai d’être aussi ignoble avec la jeune femme.

La meilleure façon de tout gérer était d’être à la fois sincère mais distante. Je ne devais plus me laisser perturber par ses yeux azurs, ni par cette bouille adorable, ni par cet aura si mystérieux … Non …. Je devais laisser toutes ces choses qui m’attiraient chez elle de côté, pour n’être juste qu’une directrice. Mais cela n’allait pas être si simple. Non … Bien au contraire. Refouler en soit tous ses sentiments, cela n’est pas si facile. D’autant plus lorsque la personne en face de vous ne fait aucun effort. Et je ne me faisais aucune illusion : Gabrielle n’allait pas m’aider, loin de là.

Lorsque les bruits à la porte se firent entendre, je sentis mon ventre se nouer. Je lançai un « entrez » qui se voulait plein d’assurance. Allez, Lyra. Tu respires un grand coup, et surtout, tu restes sur tes convictions : tu es LA directrice maintenant !

Je le vis donc entrer, toujours avec ce je-m’enfoutiste habituel … Les choses ne changent pas. Lorsqu’elle me salua, elle se reprit, néanmoins … Etrange … Finalement, je n’étais peut-être pas seule à être mal à l’aise !

Et pourtant, elle prit une pose bien décontractée dans mon bureau. Elle me lâcha alors qu’elle n’avait encore rien fait, et, que donc, elle ne comprenait pas pourquoi elle est ici. Je secouais la tête de gauche à droite, soupirant.

« Tu sais très bien pourquoi tu es là »

Aurai-je du la vouvoyer ? De toute façon, je n’aurai pas pu. Je me retrouvais face à elle, sans savoir réellement comment agir.

« Gabrielle … Tu sais très bien que l’on doit tirer les choses au clair. Ou du moins, tout faire pour recommencer à zéro. La lettre que je t’ai envoyée fin juin … Même si je pensais ce que j’ai mis dedans, je ne peux plus me permettre cela maintenant. Je suis directrice ! Et ça me tue de me dire que rien n’est clair … Ca me tue que tu ne m’es pas répondue alors qu’il m’a fallu vraiment me battre pour m’excuser de mon attitude, et te donner un semblant d’explication ! »

Waouh … Moi qui croyait que je n’allais rien dire, cela était loin d’être le cas. Mais allait-elle comprendre ?

« De toute façon, j’aurai du me douter que tu ne répondrais pas à ce hibou … Tu étais bien trop fière pour le faire … »

Lâchai-je à demi-mot … Je massacrai mes bouts de peau autour de mes ongles. Je commençai à me dire que j’aurai dû faire comme si de rien n’était …

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Mer 3 Oct - 15:54

Non, Gabrielle n'était pas à l'aise, malgré la pose décontracté. Elle était même très loin d'être à l'aise. Et en sentant que Lyra ne l'était pas plus qu'elle, ça renforça ce sentiment de gêne. Et très sincèrement, ce qui suivit n'aida pas franchement. Car la réponse de Lyra ne se fit pas attendre. Si, elle savait pourquoi elle était là. Ah. Ravie de le savoir. Et donc, pourquoi était-elle ici... ? Non parce que c'était bien mignon de dire qu'elle savait, mais même si elle se doutait, elle n'allait pas aller faire des conclusions hâtives. Elle était trop intelligente pour ça. Et puis ça aurait été se faire du mal pour rien.
Installée ainsi, elle avait posé ses mains sur les accoudoirs, alors que son mollet droit reposait sur sa jambe gauche, l'air de rien. Et s'il y avait eu un indice pour indiquer son malaise, il était bien caché. A vrai dire, elle essayait de s'empêcher de se passer la langue sur les lèvres, comme pour les hydrater. Quand elle le faisait, ça pouvait indiquer deux choses : la première, qu'elle était mentait, et la seconde qu'elle était nerveuse, comme actuellement. Au final, les deux étaient plutôt liés.

Elle haussa un sourcil tout de même face au tutoiement, sans forcément sourire pour autant. Pourtant c'est bien le genre de chose qui aurait pu lui faire retrousser ses lèvres et les étirer, par le passé, un peu comme une sorte de victoire, mais là elle sentait tellement la tension qui émanait de Lyra qu'elle ne pouvait pas se le permettre. Elle sentait que si elle l'avait fait, ça aurait plus risqué d'énerver la directrice qu'autre chose. Et alors qu'elle poursuivait, son sourcil retrouva sa place et vint se froncer légèrement, l'espace d'un instant avec l'autre. Et beh, elle était lancée pour le coup. Au point que Gabrielle ne pu même pas l'interrompre lorsqu'elle évoqua la lettre. Wait. Qu'est-ce que ça vient faire ici ça ? Et... Mais... Raaaaah, mais non, mais. Mais de quoi elle parlait. N'ayant pas lu la lettre, Gabrielle ne comprenait rien. Mais vraiment. De quoi elle parlait ? Elle pensait ce qu'elle avait dit dans la lettre. Mais elle avait dit quoi ? Mince... Elle aurait dû la lire, cette lettre. Bon, elle n'aurait probablement pas répondu, parce qu'elle n'aurait pas su quoi dire, et aurait préféré aller directement la voir en lui demandant ce qu'elle voulait dire par les mots écrits là, mais... mais non. Elle ne l'aurait pas fait. Parce que ça aurait été risqué. Ca aurait été s'exposer, et puis... et puis zut, elle n'avait pas à se justifier. Elle était majeure et vaccinée, et si elle décidait de ne pas répondre à une lettre, elle ne le faisait pas. Mais là, la curiosité commençait à sérieusement la gagner.

Enfin, jusqu'à ce que Lyra balance sa dernière remarque à demi-mot. Sa fierté qui... What ? Qu'est-ce que ça venait faire là ça ? Elle en serait presque vexée, la jolie rouquine. Mais face à la directrice qui semblait tellement... pas perdue, mais pas loin. Et si elle semblait vouloir le cacher, sincèrement, elle était loin d'y arriver. Enfin, pas devant Gabrielle, en tout cas.

« Lyra... Doucement, calme-toi. » Elle se redressa, et observa la directrice. Elle aurait bien aimé en cet instant se lever et venir directement la prendre dans ses bras pour la rassurer, mais de un, ça aurait été déplacé, et de deux... Voir raison numéro une. Elle n'avait pas particulièrement fait attention au fait qu'elle l'avait appelé par son prénom, ni au fait qu'elle l'avait tutoyé à son tour, et elle reprit, après avoir réfléchit un instant, faisant le tri entre ce qu'elle pouvait dire et ce qu'il valait mieux qu'elle évite d'exposer. « Déjà, je n'aurais pas pu répondre à ta lettre. Je ne l'ai pas lu. Et oui, peut-être que je ne l'ai pas fait par fierté, mais étrangement, je ne pense pas que ça soit la raison principale. » Sa voix était légèrement acide. Oui, elle était quelqu'un de fier, qui avait une légère tendance à l'arrogance, et selon elle à raison. Mais la question n'était pas là. Elle hésitait entre le calme et se laisser aller à sa contrariété face aux « accusations » de la directrice. C'était comme si elle revenait au moment où Lyra avait fini par laisser tomber Gabrielle, en un sens. Elle retint un grognement.

« Ecoute... Je n'ai pas envie de me battre. Tu veux qu'on recommence à zéro ? Très bien. Comme tu voudras. Pour moi il n'y a rien à tirer au clair. »

Retour à zéro. D'accord. Si c'était ce qu'elle voulait. Reprenant sa pose décontractée, son regard se posa sur Lyra, intense.

« Et donc, madame la directrice... vous aviez autre chose à me dire peut-être ? »

Gabrielle gardait sa posture désinvolte. Elle voulait faire comme si rien ne s'était passé ? Parfait. Ca voulait dire qu'elle devrait repartir en guerre contre elle pour gagner son respect. Sauf si elle changeait d'avis... Un sourire provocateur accroché aux lèvres, la jeune femme, piquée au vif par ce qu'il venait de se passer en revenait aux bonnes vieilles méthodes. Elle prenait exactement la même attitude sèche que lorsqu'elle avait eu à s'éloigner une première fois de Lyra. A elle de voir si elle le supporterait longtemps ou pas.

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Jeu 4 Oct - 9:20

Son attitude me désespérait … En même temps, il y avait de quoi ! Vous vous imaginez ? Être face à quelqu’un qui vous trouble, et, qui, en échange, adopte un comportement insolent et je m’en foutiste. J’avais réellement l’impression d’être prise pour une idiote, et franchement, cela ne me plaisait pas du tout. Mais je ne voulais pas m’énerver … Cela m’avait joué des tours l’année dernière, et je me devais d’avoir évolué. Mais il faut avouer que rien n’était simple, surtout lorsqu’il s’agissait de sentiments vis-à-vis d’un élève. Et comment savoir ce qu’elle pensait réellement ? La légilimencie ? Non … Je ne pouvais pas faire cela. Je refusais de pénétrer son esprit.

Je restais donc assise, derrière mon bureau, sans la lâcher du regard. Je savais que si je baissais les yeux, j’allais me retrouver vaincue. J’allais perdre le contrôle d’une situation que j’avais beaucoup de mal à maîtriser déjà. Je me devais donc de rester forte, et surtout, d’adopter cette place de directrice qu’était la mienne. Et même si le tutoiement n’était pas très intelligent, j’arrivais à garder une certaine contenance face à la jeune femme. Je me doutais quelque peu que Gabrielle n’était pas idiote et qu’elle voyait mon malaise.

Elle m’appela par mon prénom … Je déglutis difficilement, sentant une boule se former dans ma gorge. Je sentais que ce qu’elle allait me dire allait être difficile à avaler. Et je n’avais pas tort … Non … Ce qu’elle me dit me cloua dans un premier temps sur place : elle n’avait pas lu ma lettre ? Elle se fichait de moi là ? Une lettre que j’avais pris du temps à faire, du temps à envoyer, et qui me rongeait depuis en me demandant comment elle allait réagir et quand elle allait me répondre. Tout ça, pour rien. Je n’en revenais pas. J’en restais bouche-bée, la bouche fermée, certes, mais sans voix.

Et elle continua … On aurait dit un jeu théâtral. Installée dans le fauteuil, la demoiselle parlait comme si de rien n’était … Comme si je ne lui avais rien dit. Comme si tout ceci n’était que jeu et amusement. Et cela me mettait hors de moi. Pourtant, je restais très calme, pour le moment. Par contre, mes mains allaient finir dans un état … Que pouvais-je lui répondre ? Tout cela était bien trop … malsain … J’avais le choix : entrer dans son jeu, ou s’énerver … Le choix était cornélien.

« Non, Miss Johnson, rien d’autres … Bonne journée.

Je me levais alors, le visage fermé, essayant de garder contenance. Mais la voir installée là, avec ce léger sourire sur les lèvres … Non ! C’était trop pour moi. Je ne pouvais pas la laisser jouer comme cela ! Je n’étais pas une femme avec qui on s’amusait. Je me dirigeai vers la porte, afin de l’ouvrir pour qu’elle puisse sortir. Au dernier moment, je ne pus m’empêcher de refermer cette fameuse porte, très brusquement. Je me tournai alors vers elle, le regard froid et glacial.

« Mais c’est pas possible dis-moi ! Tu n’as pas de cœur ! Pas un seul instant, tu ne t’es demandée ce que je t’avais mis dans cette lettre ? Non ? Pas un seul instant tu t’es demandée pourquoi je tenais tant à te voir ? Pas un seul instant cela t’es venue à l’esprit que je n’avais pas envie de te perdre ? Tu t’en fous tellement Gabrielle ? Mais par les bourses de Merlin, si tel est le cas, alors pars, je t’en prie ! Vas-y, passe cette porte avec ton allure naturelle, celui qui fait de toi une horrible garce envers moi ! Fais-le, mais dis-toi que ce sera tel que tu veux ! »

Pas une larme, pas une hésitation. Mais ma voix s’était vraiment élevée, et j’avais lâché cela sur un air tellement amer que l’on pouvait se demander comment ça allait finir, et si je n’allais finalement par moi-même claquer la porte devant laquelle je me tenais, et partir.

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Jeu 4 Oct - 11:14

Je la fixais de cet air fer, provocateur, que je savais si bien arborer. Je l'avais travaillé plus d'une fois. Quoique je préférais largement présenter un visage neutre, mais j'avais vite compris que pour énerver, ce genre de faciès marchait bien plus facilement. Les gens n'aimaient guère l'arrogance et préféraient la voir ravaler. Ce qui n'arrivait que bien rarement dans mon cas. Pour beaucoup, j'étais une fille qui s'y croyait un peu trop et qui devait se sentir bien trop supérieure à eux pour daigner leur adresser la parole. Qu'ils croient, au final, je m'en fichais, même s'ils n'avaient pas tort au fond. J'avais du mal à considérer mes semblables comme des personnes intéressantes. Tellement ancrés dans une sorte de hiérarchisation des personnes, toujours à juger. De quel droit ? Dans leur petite tête, se rendaient seulement il compte du ridicule de la chose, puisqu'ils étaient eux-même jugés alors ? Les défauts étaient tout ce qui semblaient retenir leurs attentions par moment. Esprits étriqués et insensibles. Je ne leur demandais donc rien, ils faisaient de même, et tout le monde était content. Alors je continuais d'agir comme ça. C'était un bouclier fort efficace en général. Tellement que même les personnes qui me connaissaient mieux que les autres s'y laissaient prendre.

Et ce fut le cas de Lyra. Je serrais la mâchoire, tout en continuant de la fixer, ravalant ma propre colère et mes propres sentiments. Ca ne servait à rien de perdre son calme maintenant. Pourtant, la voir se lever et s'éloigner, après m'avoir dit que non, rien n'avait être ajouter faillit m'arracher un grognement. Je l'avais cherché, c'était vrai. Mais... je sentais la déception m'envahir. Alors c'était vraiment ce qu'elle voulait ? Pourtant, je notais quelques détails, à l'apparence insignifiante, mais pourtant bien présent. Ses doigts qu'elle tentait de cacher, que je savais abîmés. Je l'avais observé bien assez souvent pour connaître ses tics et ses manières, comment elle se comportait quand elle était nerveuse. Mais je ne disais rien, et faisais comme si je n'avais rien remarqué. Je me levais à mon tour, d'un mouvement souple, prenant mon sac dans le même temps pour le jeter sur mon épaule de façon désinvolte. Et alors que j'approchais de la porte, elle la claqua. Si violemment que j'en sursautais, ne m'y attendant pas. Par le feu des noirs des Hébrides, il lui prenait quoi ?

« Qu'est-ce que... »

Je n'eus pas franchement le temps de finir le début de ma question. Déjà Lyra reprenait. Elle avait l'air franchement énervée et... c'était bien la première fois que je la voyais exploser ainsi. En tant que Serdaigle, elle avait plutôt tendance au calme, il fallait bien l'avouer. Comme moi en fait. Mais il semblerait qu'avec le temps, les gens changeaient plus que je le pensais. Enfin bref. S'emportant, elle commença toute une tirade, alors que choquée, je ne trouvais rien à répondre sur le coup, ne pouvant que l'écouter. De toute façon tenter de l'interrompre aurait été bien vain étant donné son état d'énervement plus que visible pour le coup. En tout cas, elle n'y allait pas avec le dos de la cuillère, et de ce qu'elle dit, je retenais seulement le principal. « Pas de coeur », « pas envie de te perdre », et, entre autre, « garce ». Ouais, elle était définitivement bien remontée contre moi. Bon. Garder son calme, rester pragmatique, ne pas craquer, ne pas...

« Amadan dubh ! » Ah bah si, craquer. Et l'insulter en gaélique irlandais de sombre idiote. Bon, évidemment, ce n'était pas exactement ça la traduction, mais l'image était là. Bien que... Bref. « Et toi il ne t'es jamais venu à l'esprit que je pouvais craindre ce que j'allais trouver dans cette lettre ?! T'es vraiment... gòrach ! » Grunt. Non mais oh. Fallait pas abuser non plus. Serrant les poings, la fixant avec colère, je finis par fouiller dans mon sac un instant pour en sortir la fameuse lettre. Je ne l'avais jamais lu, mais j'avais pris soin de la conserver. Oui, je suis un peu sentimentale par moment. Finalement, je lui tendais.

« Si tu tiens tant à ce que je connaisse son contenu, vas-y, lit-le, et tu sauras alors ce que j'aurais à te répondre. Quand tu veux savoir, le meilleur moyen est d'aller voir toi-même. »

En un sens, je lui reprochais un peu de ne pas être venu m'apporter les mots que contenaient l'enveloppe d'elle-même. De ne pas avoir eu le courage de m'affronter, de se confronter à moi. Alors que si vraiment elle avait voulu une réponse, elle aurait juste eu à venir me voir et me dire ce qu'elle avait à dire. Ca aurait été bien plus simple.

« C'est toi qui veut une réponse non ? Alors ? Tu as encore l'intention de te défiler ? »

Et oui, je lui reprochais aussi de s'être montrée lâche de ne pas être venue me voir directement. Bon, c'était un peu bas de ma part, mais je n'y pouvais rien. Elle l'avait cherché. Lui tendant toujours l'enveloppe, j'attendais, les sourcils froncés et le regard braqué sur elle. Voyant qu'elle ne réagissait pas, je poussait un soupir méprisant avant de baisser le bras et d'ouvrir la porte, prête à partir.

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Jeu 4 Oct - 14:59

Voilà … J’avais craqué … Moi qui voulais à tout prix rester calme et digne, je me retrouvais à lancer des phrases à droite et à gauche, dans l’unique but de faire prendre conscience à la jeune demoiselle que son attitude était ignoble envers moi, et que son caractère n’arrangeait pas la situation. Le soucis, c’était que Gabrielle était en phase d’auto-défense, et certainement pas en phase de compréhension. Je le voyais pertinemment au petit air arrogant qu’elle prenait, air que je ne connaissais que trop bien. Le nombre d’heures qu’elle avait passé dans mon bureau, à travailler ses devoirs, ou du moins à ce que je m’exténue à lui faire travailler …. Au début, elle avait toujours cet air arrogant. Et doucement, nous nous étions apprivoisées … Jusqu’à ce qu’à nouveau, elle se joue de moi …

Néanmoins, dans ses paroles, je perçus quelques signes, notamment lorsqu’elle parla de crainte de ce qu’il y avait dans la lettre. C’était donc cela ? Elle avait juste eu peur de ce que j’avais à lui dire ? Cela m’étonnait, mais d’un côté, cela montrait bien que malgré tout ce que la demoiselle s’évertuait à faire croire, elle avait bien un côté sensible ! Mais si elle s’était arrêtée là … Non ! Il avait fallu qu’elle garde cet air habituel, qu’elle sorte la lettre et qu’elle sous-entende que ma démarche avait été lâche. Apparemment, elle aurait préféré que je lui parle en face. Soupirant, je la regardais, secouant la tête de gauche à droite, sans rien dire. Je n’allais certainement pas lui faire cette joie de lire la lettre. Non. Cela était humiliant à mes yeux. Pourtant, lorsque je vis qu’elle allait partir, je ne pus m’empêcher de lui attraper le bras, certes avec une certaine brutalité.

« Tu crois franchement que j’ai besoin de l’ouvrir pour me rappeler ce que j’ai mis dedans ? Tu crois que ces mots, que j’ai mis des heures à choisir, je les ai oubliés ? Tu ne crois pas que si je ne suis pas venue te voir directement, c’est parce que je savais que j’aurai perdu mes mots, et que j’avais peur de faire un faux pas ? Tu ne comprends donc pas que j’avais peur pour mon poste, et que là, j’ai encore et toujours peur ! »

Je lui avais lâché le bras, et j’étais retournée près de mon bureau, m’appuyant dessus, les bras croisés, continuant de regarder Gabrielle.

« Cette lettre, elle disait exactement : Chère Gabrielle, pardonne-moi pour ces derniers mois où mon comportement a été froid et distant, mais parfois, il faut savoir se protéger de soi-même et de ses sentiments. »

J’avais récité cette lettre, à nouveau d’un ton froid. Gabrielle ne comprendrait sûrement pas que cela me faisait mal d’y repenser … d’autant plus lorsque je repensais à tous ces mois … Ces mois où, lorsqu’un courrier arrivait, je m’attendais à voir un mot de mon ancienne élève. Mais rien, il n’y avait rien eu.

« Alors maintenant, si tu souhaites réellement quitter ce bureau, je t’en prie. »

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MessageSujet: Re: Il faut que l'on parle [Gaby]   Jeu 4 Oct - 16:10

Bon sang... Mais... Elle le faisait exprès ou quoi ? Elle était complètement bornée ! C'est pas possible autrement. Non parce que là... Je me tends lorsqu'elle me touche et inspire profondément pour que mes réflexes ne prennent pas le dessus. En temps normal, quiconque aurait eu ce geste envers moi, de me retenir ainsi, s'en serait pris une sans avoir le temps de la voir venir. Ou alors je l'aurais simplement attrapé par le bras pour le retourner et lui bloquer dans le dos, en lui collant la tête dans le mur. Oui, j'avais facilement tendance à avoir des réactions violentes quand on me touchait. Le contact des gens sans que ceux-ci me demandent mon avis avaient tendance à m'énerver fort rapidement. Et à partir de là, difficile de m'arrêter. La dernière personne qui avait eu le malheur de faire cette erreur avait fini avec une épaule démise je crois. Et j'avais bien failli lui casser le bras même. J'avais attendu alors qu'il me présente ses excuses et qu'il me supplie de le lâcher pour lui foutre la paix. Et il l'avait bien mérité, de toute façon. A me mettre la main aux fesses comme ça, comme si la foule allait m'empêcher de lui attraper... Bon, l'avantage, c'est qu'après ça on m'avait fichu la paix. Et dans un festival avec principalement des mâles dans l'assemblée, c'était pas plus mal. Mais je m'égare.

Lyra m'avait donc retenu, m'empêchant de quitter son bureau. Et si je m'étais tendue dans un premier temps au contact, je regrettait qu'il se termine aussi vite. Je l'écoutais, et... raaaaah, rien que l'entendre m'agaçais. J'avais envie de la secouer en lui disant que c'était n'importe quoi, qu'elle était en train de perdre la tête là. Ou plutôt qu'elle était en train de me faire perdre la tête. Faire un faux pas.. Non mais sérieusement... C'était... C'était. Ah mais... Bon, j'étais en train de m'énerver là. Et si je m'énervais, ça allait mal finir. J'allais dire des choses que j'allais regretter. Bon en fait c'était foutu, ses dernières paroles achevèrent de m'énerver. Elle avait peur pour son poste. Bon. Voilà. Ca réglait le problème. Elle tenait à son poste plus qu'à moi. Fin de l'histoire. Y'avait pas à chercher plus loin, pas vrai ? Si c'était comme ça qu'elle voyait les choses. Et puis maintenant qu'elle était directrice, ce n'était même plus la peine d'imaginer que quoi que ce soit puisse se faire.

La fixant d'un regard noir, je laissais tomber le masque, laissant voir à quel point j'étais déçue et blessée. Là, elle allait trop loin, sincèrement. Si j'avais été une personne réellement plus émotive, j'aurais sans doute pleuré en cet instant. Mais je savais quand même me contrôler un minimum. De toute façon, maintenant qu'elle se trouvait derrière son bureau, bien à l'abri, ça ne servait plus à rien. Elle avait remis de la distance entre elle et moi. Et ça... C'était juste... Bordel. Je retenais de pester en gaélique, comme je savais si bien le faire, surtout lorsque je m'énervais, et je la laissais achever ce qu'elle avait à dire. Elle récita ce qu'il y avait dans la lettre. Par cœur. Et si quelques instants plus tôt ça aurait sans doute pu m'adoucir, à cet instant même, ça ne servait plus à rien. J'étais trop énervée. Je ne pouvais que la fixer, énervée, attendant qu'elle me dise qu'elle avait fini. Et lorsqu'elle me dit que je pouvais quitter ce bureau.

« Tu es vraiment injuste Lyra. Et égoïste. » Et je pesais mes mots. J'avais lâché ça le plus sérieusement du monde. Elle était injuste de dire que je l'avais fait souffrir alors que la première elle s'était détournée de moi. Et que jusqu'à preuve du contraire, je ne savais pas encore lire dans la tête des gens. Je ne pouvais donc pas savoir ce qui avait provoqué cet éloignement. Et elle était égoïste d'exiger de moi que je lui pardonne comme une fleur, que je n'ai crainte de rien en ouvrant sa lettre, que j'avais alors imaginé incendiaire, comme pour couper les ponts. Je lui lançais un dernier regard, reprenais mon expression habituelle, dégageant mes épaules en arrière, et je quittais son bureau, comme si de rien était, refermant la porte sèchement derrière moi.

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Ludwig Van Beethoven

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Il faut que l'on parle [Gaby]

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